Comment les entreprises peuvent aider les ASBL face à la crise ?

Publié le 02 février 2021 dans Covid-19


Source : monasbl.be

Les difficultés liées à la crise sanitaire poussent encore plus les ASBL à se réinventer et à se professionnaliser pour pouvoir continuer leurs missions. Et si des pistes de solutions se trouvaient du côté des entreprises ?

« Sur le terrain, on constate que les entreprises qui ont la possibilité continuent de soutenir et de s’engager auprès des ASBL », rassure d’emblée Sabrina Marinucci, responsable communication au sein de Prométhéa, ASBL active dans le développement du mécénat d'entreprise dans le domaine de la Culture et du Patrimoine. Pour preuve, un tout nouveau collectif d’entreprises, le collectif Namosa, a été créé à Namur en septembre 2020, en pleine crise sanitaire.

Les collectifs d’entreprises de Prométhéa permettent à des organismes de mutualiser leurs moyens financiers pour pouvoir financer des projets dans le domaine culturel et du Patrimoine. « On s’est rendu compte qu’en développant le mécénat collectif on arrivait à mobiliser plus d’entreprises et un montant plus important. Chacune contribue comme elle peut à un pot commun », explique Sabrina Marinucci. Ainsi, même les plus petites structures peuvent participer à l’effort collectif. « Et on se rend compte que sur le terrain les petites et moyennes entreprises qui ont moins de moyens veulent aussi aider ».

Pour cela, les entreprises peuvent intervenir à plusieurs niveaux auprès des ASBL, et notamment à travers le mécénat de compétences, le mécénat financier, le don de matériels, ou encore le sponsoring.

LA CRISE SANITAIRE : UNE OPPORTUNITÉ POUR DE NOUVELLES COMPÉTENCES

Pour Valérie Geron, fondatrice de Positive Impact, qui accompagne les entreprises en stratégie de développement durable, et de l'agence We are heroes, spécialisée dans le mécénat de compétences, en période de pandémie, le mécénat de compétences est encore plus important qu’avant.

« Avec la crise sanitaire, le confinement, le télétravail… les gens sont de plus en plus en quête de sens dans leur travail et leurs priorités ont changé », pointe-t-elle. Ainsi, le mécénat de compétences pourrait être une réponse efficace aux nouvelles attentes des télétravailleurs et télétravailleuses. « Le mécénat de compétences favorise la créativité et la valorisation », rajoute-t-elle. Une opportunité à saisir pour les ASBL qui pourraient alors puiser auprès des entreprises des compétences qu’elle n’a pas en interne.

L’action Help49 s’inscrit dans ce mouvement. Le projet a vu le jour fin 2020 et met en relation des agences de communication, marketing et web pour aider les associations à poursuivre leur mission malgré la crise sanitaire.

Toutefois, Valérie Geron tempère : « Le mécénat d’entreprise n’est pas une solution On/Off. Ce n’est pas un one shot ». Cela doit s’inscrire dans une stratégie de l’entreprise mais aussi de l’ASBL qui doit être en mesure d’identifier clairement ces besoins. Dans cette démarche, l’ASBL Fovento aide les associations à structurer leurs requêtes et diffuse une annonce sur leur plateforme.

Par ailleurs, rien n’empêche également l’ASBL de recourir au volontariat de compétences. Plutôt que de passer par l’entreprise, l’ASBL peut aller chercher directement des individus volontaires. Notamment auprès des personnes qui ne peuvent plus travailler à cause des mesures sanitaires. Pour cela, l’ASBL peut se tourner vers des réseaux sociaux professionnels comme Linkedin.

SOUTIEN FINANCIER ET CRISE ÉCONOMIQUE

Pour ce qui est du don financier, alors que les entreprises s’attendent à payer une lourde facture liée à la crise sanitaire, seront-elles toujours aussi disposées à soutenir les ASBL ? « La crise économique n’est pas encore tout à fait là et on sait qu’il va y avoir un impact sur le long terme. Une crise passe forcément par des coupes budgétaires », reconnait Sabrina Marinucci.

Toutefois, selon elle le mécénat collectif pourrait être une réponse face à ses difficultés, « puisque ça permet de soutenir avec des montants qui ne sont pas démesurés ».

Valérie Geron, partage les mêmes craintes. Ainsi, « à défaut d’avoir un soutien financier, les ASBL peuvent réfléchir à d’autres types de soutien : des dons de matériel, d’aliments… »

« NE PAS ENVOYER DES PROJETS TOUS AZIMUTS »

Toutefois, si l’ASBL souhaite quand même se tourner vers le secteur marchand pour obtenir un soutien financier, elle doit éviter « d’envoyer des projets tous azimuts », conseille Sabrina Marinucci. « La première chose c’est de considérer que les entreprises sont des partenaires et pas juste un apport financier. Et l’ASBL gagnera plus en co-construisant un projet avec une entreprise ».